Le passé "oublié" de Jacques Chardonne
Un certain bruit a été fait l'automne dernier autour de la présentation du film : " Les destinées sentimentales ". La presse en a assez longuement parlé, mais elle a en général été discrète, très discrète, sur l'auteur du scénario, un certain Jacques Chardonne.
Oui, Jacques Chardonne, l'écrivain collaborateur. Notre comité de la Charente vient de rappeler opportunément que le personnage ne se contentait pas d'offrir aux équipages des chars allemands de juin 40 son meilleur cognac. Il livrait aussi le fond de sa pensée dans des publications à croix gammées, par exemple la revue Deutschland-Frankreich. Dans le n°4 de celle-ci, en 1943, on trouvait par exemple ces lignes qui n'ont pas besoin de commentaire : " Le sentiment que j'éprouve en considérant la société allemande dans son ensemble est de nature esthétique. Il s'agit de beauté morale (courage, volonté, abnégation, tenue et formes diverses de la santé) et aussi de style et de plastique. Cette société a du style en ses moindres expressions ; elle dégage une atmosphère élevée ".
" Le national-socialisme a créé un monde neuf autour de la personne humaine. Les SS usent convenablement de leur pouvoir absolu, et la population ne s'en plaint pas après une certaine accoutumance ". Le personnage ne fut pas seulement le rédacteur des premiers messages de Pétain. La revue nazie " Signal " l'appelait " Le partisan le plus ardent de la collaboration franco-allemande ". Il participa au premier voyage d'écrivains bruns à Weimar (organisé à l'occasion de la Semaine du livre de guerre allemand) et présida le second en 1942.